Tu sais que ça coûte cher. Mais jusqu'à quel point?
Tu paies peut-être ta carte de crédit au complet chaque mois, sans même te poser la question. Tu sais que les intérêts coûtent cher et tu préfères les éviter.
Mais as-tu déjà mesuré ce que ce taux peut produire avec le temps?
On parle souvent des intérêts composés pour montrer comment une épargne peut grandir. Avec un taux élevé, le phénomène s'accélère. C'est justement ce qui rend le financement par carte de crédit intéressant à examiner : il permet de voir le mécanisme à l'œuvre de façon particulièrement frappante.
Prenons un montant de 25 000 $, à un taux annuel affiché de 21 %, un taux courant pour une carte de crédit
La pratique courante est de capitaliser les intérêts mensuellement : ils s'ajoutent au montant dû et produisent à leur tour des intérêts. Cela correspond à un taux effectif annuel de 23,14 %.
Pour observer uniquement l'effet des intérêts, supposons qu'il n'y ait aucun nouvel achat ni remboursement, et que le taux reste inchangé.
Après cinq ans, les 25 000 $ deviennent environ 70 800 $. Près de 45 800 $ se sont ajoutés, sans dépense supplémentaire.
Que se passe-t-il si on prolonge de cinq ans? Puis de cinq autres?
Le montant augmente de plus en plus vite. Pourquoi? Parce que le même taux s'applique chaque fois à une somme plus grande, qui comprend les intérêts accumulés. Quand on calcule la dette accumulée, on réalise à quel point les intérêts peuvent coûter cher.
Mais regardons aussi la situation du côté de la banque
Pour toi, ces intérêts représentent un coût. Pour elle, ils représentent un revenu : l'argent qu'elle te prête est un placement à taux élevé. Elle n'a pas à attendre que la Bourse monte pour te facturer des intérêts.
Cela ne veut pas dire que tout ce montant devient du profit. La banque a ses propres coûts et elle court le risque de ne pas récupérer tout l'argent prêté.
La même opération a donc deux faces : tu empruntes, la banque investit.
Même si tu évites déjà ces frais, faire l'exercice permet de mieux comprendre la logique derrière cette bonne habitude. Et lorsque tu épargnes, tu passes de l'autre côté : c'est ton argent qui peut produire un revenu. Le taux et le temps agissent alors en ta faveur, même si les rendements ne sont pas nécessairement constants ni garantis.
L'intérêt de savoir faire ces calculs va bien au-delà de cet exemple
Tu peux vérifier une projection, changer une hypothèse et voir ce que cela représente en dollars. Tu disposes alors de repères pour examiner les chiffres qu'on te présente et poser des questions plus précises.
Dans La finance pratico-pratique, tu apprends à choisir les données pertinentes, à faire les calculs et à interpréter les résultats. Un outil important t'accompagne dans cette démarche : la calculatrice financière. Elle permet de mesurer ce que le taux et le temps changent en dollars, qu'il s'agisse d'un emprunt ou d'une épargne.
Le tutoriel de cette semaine te propose une expérience guidée avec cet outil.
Cinq ans de plus… quelle différence?
Tu connais maintenant le montant après cinq ans : environ 70 800 $. Mais combien s'ajouterait de 5 à 10 ans, de 10 à 15 ans, puis de 15 à 20 ans? Faire les calculs permet de mesurer toute l'ampleur de cette accumulation, d'une période à l'autre.
Pour le découvrir, tu vas toi-même faire les calculs avec une calculatrice financière, en suivant les étapes du tutoriel.
Pas besoin de savoir déjà t'en servir : tu te familiarises avec son fonctionnement au fil de l'exercice. Tu fais avancer la projection par étapes, jusqu'à vingt ans. À chaque étape, prends un instant pour estimer le résultat, puis vérifie-le. La courbe te permettra ensuite de voir où la croissance s'accélère.
Tu fais ainsi le lien entre les données que tu utilises, le résultat obtenu et la logique financière qui l'explique.
Tu mesures l'effet du temps sur une somme et tu commences à te servir d'un outil qui pourra t'aider à examiner bien d'autres situations financières.
« Cinq ans de plus… quelle différence? » est gratuit et accessible sans inscription, tout comme le tutoriel « L'effet du temps sur ton argent ».
À très bientôt,
Claude Francoeur
Comprendre les chiffres pour mieux décider